Des images des JO de 1900

Épreuves de pêche à la ligne, natation dans la Seine…

S’agissait-il de jeux olympiques ou non ? les jeux de 1900 suscitent cette question. Comme le souligne André Drevon dans son ouvrage Les Jeux Olympiques oubliés on ne sait pas vraiment ce qu’il en est. Ceci pour une raison qui parait simple, les épreuves n’ont pas été organisées par le CIO mais par un autre comité lié à l’exposition universelle de 1900.

Une épreuve de lutte à la corde

Projetés en 1894, retardés par la première édition à Athènes en 1896, les JO doivent finalement avoir lieu à Paris en 1900. Il y avait cependant souci : cette même année une exposition universelle y était organisée.

Pour faire court et aller aux photos de Jules Beau qui nous intéressent plus particulièrement, on peut résumer l’imbroglio des Jeux de Paris en 1900 comme suit : Pierre de Coubertin (restaurateur de l’olympisme et l’un des fondateurs du CIO en 1894) souhaite que les JO de 1900 se déroulent à Paris. Il en est acté ainsi mais comme il y a une exposition universelle cette année-là à Paris, le commissaire général de l’exposition, Alfred Picard, décide que des concours internationaux sportifs se tiendraient à cette occasion. L’opposition entre les deux hommes est immédiate et inconciliable : Picard veut intégrer des épreuves sportives à l’Exposition Universelle (comme cela avait été le cas pour l’exposition de 1889 à Paris), Coubertin souhaite organiser des JO (indépendants de « l’Expo ») dont l’idée est alors toute neuve. Il s’ensuit une tentative pour le baron de Coubertin de faire cavalier seul et lancer ses propres jeux… mais finalement il n’est pas largement suivi et doit rendre les armes. Coubertin est cependant appelé aux commissions sportives de l’Exposition de 1900, mais ces épreuves, aujourd’hui identifiées comme les deuxième Jeux Olympiques, n’en portèrent, à ce moment-là, pas le titre. Pour résumer les épreuves furent étalées sur plusieurs mois sur de nombreux sites dans et autour de Paris (voir la carte infra tirée de l’article de Wikipedia).

Ce qu’il est intéressant de voir dans les photos de Jules Beau c’est une certaine fraicheur du sport, l’amateurisme des débuts de l’olympisme. Des épreuves comme la pèche à la ligne, les épreuves de natation dans la Seine où les matches de tennis mixtes, en robes pour les femmes, sont un ravissement.

Voici une source d’inspiration à l’heure ou le professionnalisme et les enjeux d’argent privent parfois les amateurs de sports d’un plaisir qui devrait être simple et accessible.

Sources :

  • André Drevon dans son ouvrage Les Jeux Olympiques oubliés. Paris 1900, CNRS éditions, Paris 2000.
  • Images de Jules Beau disponibles sur le site Gallica.

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